"Ennahdha, c'était El fezzaa qu'utilisait Ben Ali pour faire peur aux citoyens", c'est ce que aime à répeter Mr Rached Ghannouchi, chef du parti Islamiste Ennahdha.
Mais malheureusement ce n'est pas vrai, car Ennahdha a bien commis dans son passé des actes d'une extrême gravité, tout bonnement des actes terroristes, plus que ça : une tentative de coup d'état, très minutieusement préparée.
Dans ce qui suit un historique de ce mouvement Islamique, de la page mentionnée en fin de l'article :
23 avril 1986- Les nombreuses manifestations islamistes dans les universités, notamment à Tunis, furent émaillées de violences graves au long de l'année 1986. Celle du 23 avril 1986 fit un mort, policier. Les représentants du parti Destour (parti de Bourguiba) sont visés physiquement. A l'époque, la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH) n'hésite pas à nommer le mal :
" La Ligue tient à insister sur le caractère très grave qu'a pris la violence cette fois-ci. Ainsi, des groupes d'étudiants appartenant au Mouvement Ennahda, ont commis de façon délibérée et organisée une série d'actes de violence grave, comme l'incendie d'institution éducatives, appartenant au peuple, dans le but de paralyser l'université, de la prendre en otage et ce dans le cadre d'une confrontation globale avec le régime" (communiqué du directeur de la LTDH du 18 mai 1991)
- Octobre 1987 : L'imam de la mosquée du Kram, Brahim el-Ouergui (Ouled l'ENSI vous connaissez) est vitriolé par des militants du MTI (mouvement de Ghannouchi fondé en 1981 qu'il rebaptisera Ennhada en 1989, constitué de la même direction) au crime d'être bourguibiste, il décède de ses blessures quelques jours plus tard. Quelques mois plus tard, un gardien de la paix de la région de Jendouba , Salah al-Manai, subit le même sort.
- 2 août 1986: quadruple attentat à la bombe dans des hôtels de Sousse et Monastir, qui firent treize blessés dont douze touristes britanniques et italiens. Le Monde du 2 septembre 1987 rapporte le contexte d'une montée aux extrêmes : " Avant même les attentats à l'explosif commis le 2 août dans les hôtels fréquentés par les touristes, les violences se multiplient. Des armes sont volées à des policiers en faction devant l'ambassade d'Arabie Saoudite, des membres des forces de l'ordre sont battus à mort lors des manifestations, des magistrats sont vitriolés et des lettres de menaces arrivent chez des journalistes tunisiens". Le philosophe Mezri Haddad rapporte dans son ouvrage Non Delenda Carthago (Le Rocher, 2002) que "Frappé de stupeur, fou de rage, Bourguiba exigeait la tête des hauts dirigeants de la secte islamiste. Il s'apprêtait ainsi à entrer dans le jeu diabolique des stratèges islamistes en leur offrant des martyrs. ' Si Dieu veut que je devienne le martyr des mosquées, qu'il en soit ainsi. Mais je vous dis que ma mort ne sera pas vaine et que de mon sang, naîtront des fleurs islamiques' communiqua Ghannouchi (cité par Le Monde du 2 septembre 87). "
Condamné aux travaux forcés, ne dut la vie vie sauve qu'à Ben Ali décourageant Bourguiba de le condamner à mort afin de ne pas en faire un martyr. Erreur :
- 8 novembre 1987. Tentative de coup d'état préparée par Ghannouchi et son bras droit Salah Karkar. En mai 1991, Abdallah Kallel qui fut ministre de l'Intérieur lors de la tentative avorté de coup d'état, révèle que "la décision de passer à l'action violente y compris le projet d'assassiner le président Ben Ali, a été probablement prise en mars 1988, lors du dernier congrès d'Ennhada" (rapporté par Libération du 23 mai 1991). Le premier à vendre la mèche sera l'ancien numéro deux de Ennhada, Abdelfattah Mourou dans Jeune Afrique du 12 juin 1991 : "Rached Ghannouchi a toujours refusé de dialoguer; il a choisi le recours à la violence" . Ce même Mourou démissionna du mouvement "non violent" du Figaro à la suite de l'action terroriste du 17 février 1991 contre un local du parti RCD à Bab Souika.
Mieux, dans un livre d'entretien avec les journalistes Nicolas Beau et Jean-Pierre Tuquoi intitulé Notre ami Ben Ali, sorti en 2002 à la Découverte, Salah Karkar (bras droit de Ghannouchi) avoue carrément : "Les sympathisants du MTI au sein de l'armée préparaient un coup d'Etat, prévu pour le 8 novembre (...) cette décision a été adoptée par le bureau politique du mouvement islamiste (...) Nous n'avions d'autres issues (...)le régime nous avait déclaré la guerre". Karkar explique qu'il quitta la Tunisie pour "obtenir l'accord des Frères Musulmans égyptiens et syriens et de certains milieux algériens pour le coup d'Etat" (page 41)
Heureusement à l'époque, cette machination qui impliqua des policiers et militaires islamistes infiltrés, formant un groupe secret dénommé le "Groupe sécuritaire" (Mjmoua amniyya) échoua, 73 d'entre eux furent immédiatement arrêtés. La confiscation de la démocratie par une théocratie islamique était le but avéré. "Il n'y a pas lieu de concevoir une société islamique laique, ou un musulman laic, sauf si il abandonne ce qu'il y a de fondamental dans l'islam [...] une société ne peut être islamique que si elle n'est pas laique" expliquait Ghannouchi à Algérie Actualité (n°1252)en 1989 lors de son exil D'ailleurs, Abdelfattah Mourou (numéro 2 de Ennhada à l'époque) ne cachait pas d'instrumentaliser le "processus parlementaire" pour des "raisons tactiques" , islam et démocratie occidentale étant "antinomiques" (propos issus d' une vidéo que révéla l'hebdommadaire Le Maghreb en juin 1990).
Salah Karkar, numéro trois de Ennhada tint ces propos plus qu'ambigus, rapportés par Le Figaro du 8 novembre 1993 (madame Thedrel devrait pouvoir vérifier facilement) : "La violence? Je ne peux pas la conseiller...mais je ne peux pas la désapprouver" (sic)
Selon Mohamed-Chérif Ferjani qui a analysé le discours de Ghannouchi dans son livre Islamisme, laicité, droits de l'homme "Quant aux moyens à utiliser pour combattre la "mécréance" et l'"injustice", R. Ghannouchi préconise le Jihad qui "varie selon l'étape" de l'action pour un "régime islamique" (pages 212-213). "Islamisme modéré", ah bon madame Thedrel ?
A suivre...
1 : http://www.facebook.com/note.php?note_id=191609430857728
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L'habit de fait pas le moine.